Guinée: Mamadi Doumbouya radie 173 militaires dont Michel Lamah, figure du putsch de 2021

Guinée: Mamadi Doumbouya radie 173 militaires dont Michel Lamah, figure du putsch de 2021

Le président de la transition guinéenne, le général Mamadi Doumbouya, a prononcé la radiation de 173 militaires des effectifs des Forces armées guinéennes pour désertion. Parmi les soldats concernés figure le commandant Michel Lamah, membre des Forces spéciales et l’un des visages associés au coup d’État qui avait renversé Alpha Condé le 5 septembre 2021.

Un vaste mouvement disciplinaire vient de frapper les Forces armées guinéennes. Par décret lu sur les antennes de la Radiodiffusion Télévision Guinéenne, le président de la transition, le général Mamadi Doumbouya, a décidé de radier 173 militaires accusés d’avoir déserté leurs unités.

La mesure a été officiellement portée à la connaissance du public le lundi 24 août 2026 par le général Amara Camara, ministre secrétaire général de la Présidence et porte-parole du gouvernement. Selon le décret présidentiel, cette sanction est prise sur le fondement des dispositions prévues aux articles 24 et 25 du Statut général des militaires.

La décision touche des hommes issus de plusieurs composantes des forces de défense et de sécurité. Le Groupement des forces spéciales, le Bataillon autonome des troupes aéroportées, l’armée de terre, la Gendarmerie nationale ainsi que différentes unités d’infanterie figurent parmi les corps concernés.

Officiers, sous-officiers et militaires de rang sont visés par cette vague de radiations. La liste comprend notamment des commandants, capitaines, lieutenants, sous-lieutenants et adjudants-chefs affectés dans plusieurs garnisons du pays. Parmi les noms cités figurent notamment le capitaine Bakary Keïta, du Bataillon d’infanterie de Siguiri, et le capitaine Abdel Karim Sissoko, de la Compagnie d’infanterie de Wonkifon.

Mais c’est surtout le nom du commandant Michel Lamah qui retient l’attention. Ancien membre du Groupement des forces spéciales, cet officier était devenu l’une des figures les plus connues du coup d’État du 5 septembre 2021, qui avait conduit à la chute du président Alpha Condé et porté au pouvoir le Comité national du rassemblement pour le développement.

Michel Lamah était notamment apparu aux côtés de l’ancien chef de l’État après son arrestation par les militaires. Son image, largement relayée au lendemain du putsch, avait marqué les esprits, en particulier lorsqu’il avait été aperçu lors du transfert d’Alpha Condé après sa capture. Par la suite, l’officier s’était fait plus discret sur la scène publique, avant d’être aperçu ponctuellement lors de certaines activités officielles du régime de transition.

Michel Lamah radié

Sa radiation intervient ainsi comme un fait hautement symbolique. Cinq ans après le renversement d’Alpha Condé, un militaire étroitement associé à l’opération ayant installé Mamadi Doumbouya au sommet de l’État se retrouve désormais exclu des rangs de l’armée, aux côtés de 172 autres soldats.

Cette décision s’inscrit dans un contexte de réorganisation et de reprise en main des forces de défense et de sécurité, engagées depuis l’arrivée au pouvoir du CNRD en septembre 2021. Officiellement, les militaires visés sont sanctionnés pour avoir abandonné leurs postes, une faute considérée comme une désertion par les textes régissant l’institution militaire.

Au-delà du motif disciplinaire invoqué, cette vague de radiations intervient dans une période particulièrement sensible pour l’appareil sécuritaire guinéen. Certains médias ont notamment fait état d’une tentative d’évasion à la Maison centrale de Conakry quelques jours auparavant, sans qu’un lien officiel n’ait été établi avec la décision concernant les 173 militaires.

Les autorités guinéennes n’ont pas davantage détaillé les circonstances individuelles ayant conduit à la radiation de chacun des militaires concernés. Dès lors, toute interprétation allant au-delà du motif officiel de désertion reste, à ce stade, du domaine de l’analyse et de la spéculation.

La mise à l’écart de Michel Lamah demeure néanmoins un signal fort. Elle illustre les profondes mutations intervenues au sein de l’armée guinéenne depuis le coup d’État de 2021 et rappelle que les équilibres qui avaient accompagné l’arrivée au pouvoir du général Mamadi Doumbouya ont, depuis, considérablement évolué. En radiant simultanément 173 militaires issus de plusieurs unités, le pouvoir de transition affiche en tout cas sa volonté de réaffirmer la discipline et son autorité sur l’ensemble de l’appareil militaire.

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La Rédaction

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